Enfant précoce : quelle réalité?

Tendances rédigé le 08-07-2016 par UPDMV

Voilà un terme à la mode! Unpsydansmaville vous éclaire sur une approche psychanalytique de l'enfant dit précoce. Souvent, pour décrire ces enfants on dit qu'ils sont en avance sur leur âge, avec un quotient intellectuel très supérieur à la moyenne. Ils se sentiraient en décalage avec la maturité des autres enfants, et souvent leurs parents, instituteurs ou thérapeutes leur proposent de sauter une classe. Qui sont-ils? Comment mieux les comprendre et les aider?

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Si vous avez le sentiment que votre enfant est précoce, tester ses performances cognitives auprès d’un psychologue spécialisé est important : cela permet de mettre en évidence que, derrière des résultats scolaires parfois médiocres (l’enfant s’ennuie à l’école, qui ne le nourrit pas assez, il peut rejeter un système scolaire inadapté à ses besoins spécifiques) se cache un enfant à bon potentiel intellectuel. Ainsi, une stigmatisation douloureuse peut être évitée à l’enfant.  

Mais accompagner un enfant précoce, c’est aussi autre chose.  Consulter des professionnels formés à la prise en charge de ces enfants vous permettra de le faire grandir dans de bonnes conditions. 

Quelques signes chez votre enfant peuvent vous amener à consulter un psychothérapeute : une précocité du langage, un apprentissage de la lecture dès la maternelle ou encore une très grande curiosité (l’enfant pose par exemple de nombreuses questions visant à la compréhension du monde et de ses origines) se retrouvent souvent chez ces enfants. En étant attentif, vous verrez que ces enfants, si précoces intellectuellement, ont au contraire un fonctionnement psychoaffectif et/ou psychomoteur en retard par rapport à la moyenne. Des raisonnements hyper-matures côtoient chez eux un comportement de « bébé ». Souvent dotés d’un grand sens de l’humour et d’une sensibilité extrême, les enfants précoces ont tendance à fuir le groupe de leurs pairs, préférant la compagnie des adultes, ou au moins d’enfants plus âgés. Leur corps semble souvent leur être quelque peu étranger, ainsi peuvent-ils être patauds en sport ou malhabiles dans des activités manuelles. Ces enfants connaissent ainsi des dysharmonies internes, dont ils souffrent – et ce d’autant plus qu’ils ont une capacité d’analyse très fine. C’est cette souffrance qu’il faut écouter.

L’approche psychanalytique, si vous y êtes ouvert, peut vous aider à mieux comprendre votre enfant et peut permettre à celui-ci de dépasser certains conflits qui nuisent à son développement. Cette approche dynamique du fonctionnement psychique appréhende votre enfant dans sa globalité (le premier entretien est souvent réalisé avec l’enfant en présence de ses deux parents et sont abordés par exemple : ses « soucis » – donc ses symptômes – dans le détail, sa « préhistoire » (l’histoire de votre grossesse, etc.), ses « relations familiales élargies » et une « journée détaillée » de son quotidien). Le psychothérapeute d’orientation analytique repérera alors les facteurs traumatiques de l’histoire de votre enfant et les mettra en relation avec ses difficultés actuelles, afin de lui donner les moyens psychiques de les dépasser.

Autrement dit, la prise en charge des enfants précoces par l’approche psychanalytique est similaire à toutes les prises en charge de la souffrance affective infantile, qu’elle émerge chez un enfant dit surdoué ou non. Le quotient intellectuel n’est que l’indicateur d’une certaine manière pour l’enfant de gérer certains conflits psychiques (œdipiens ou autres)  et non l’explication de ses souffrances. Prendre en charge l’enfant et sa famille par une écoute globale lui donne les moyens de s’en sortir.

Entreprendre une psychothérapie avec un psychothérapeute (psychanalyste, psychologue ou psychiatre) permettra à l’enfant, en prenant conscience des processus internes, de retrouver une harmonie et un mieux-être.